Je dessine les premiers croquis mais il s'avère impossible de fixer précisément le projet sur une feuille de papier sans rater la rencontre véritable avec le lieu. L'architecture du paysage doit venir du corps qui s'inscrit physiquement dans le paysage en mouvement. Il faut écouter le vent et s'imprégner des inclinaisons du soleil à chaque heure du jour.
Je pars d'une perspective qui s'impose naturellement : ouvrir une brêche entre la pâture et le bois pour adoucir la transition. L'eau s'impose rapidement comme l'élément fédérateur qui coulera d'est en ouest vers le sud. J'affine les premières perspectives et modèle les collines et les points de vues qui rebondissent d'est en ouest pour s'ouvrir sur le sud. Puis j'éclaircie le bois autour de quelques arbres remarquables ou important pour la faune. Garder les aubépines et les épines noires (prunus spinoza), les noisetiers, quelques érables sycomores et les aulnes pour y voir, au printemps prochain, le tarin des aulnes...